Cette photo diffusée par Sepanews, le site officiel du Corps des gardiens de la révolution islamique iranien, montre le tir d'une roquette lors d'un exercice militaire conjoint des gardiens et de la marine dans le détroit d'Ormuz.

Paris (France) (AFP) - Le chef de l'énergie atomique iranienne a déclaré jeudi qu'« aucun pays ne peut priver l'Iran du droit » à l'enrichissement nucléaire, suite à un nouvel avertissement américain selon lequel il y avait « de nombreuses raisons » de frapper la république islamique.

Les deux pays ennemis ont récemment repris des pourparlers indirects, après que le président américain Donald Trump a menacé à plusieurs reprises d'une action militaire contre l'Iran, d'abord suite à la répression meurtrière des manifestants le mois dernier, puis plus récemment à propos de son programme nucléaire.

« Le programme nucléaire iranien se déroule conformément aux règles de l'Agence internationale de l'énergie atomique, et aucun pays ne peut priver l'Iran du droit de bénéficier pacifiquement de cette technologie », a déclaré le chef de l'énergie atomique iranienne, Mohammad Eslami, dans une vidéo publiée par les médias iraniens.

Cette déclaration fait suite à l'avertissement lancé mercredi par la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, selon lequel il existait « de nombreuses raisons et arguments pouvant justifier une frappe contre l'Iran ».

« L’Iran aurait tout intérêt à conclure un accord avec le président Trump. »

Une précédente tentative de négociations a échoué lorsque Israël a lancé des frappes surprises contre l'Iran en juin dernier, déclenchant une guerre de 12 jours à laquelle Washington s'est brièvement joint pour bombarder des sites nucléaires iraniens.

Mercredi, Trump a de nouveau laissé entendre, dans un message publié sur son site Truth Social, que les États-Unis pourraient frapper l'Iran, alors qu'un renforcement militaire américain est en cours au Moyen-Orient.

Il a mis en garde la Grande-Bretagne contre l'abandon de sa souveraineté sur les îles Chagos dans l'océan Indien, affirmant que la base aérienne de Diego Garcia, située dans l'archipel, pourrait être nécessaire si l'Iran ne parvenait pas à un accord, « afin d'éradiquer une éventuelle attaque de la part d'un régime extrêmement instable et dangereux ».

- 'Je ne veux pas la guerre' -

CNN et CBS ont rapporté mercredi que l'armée américaine serait prête à lancer des frappes contre l'Iran dès ce week-end, bien que Trump n'ait apparemment pas encore pris de décision définitive.

Le président américain Donald Trump a menacé à plusieurs reprises d'une action militaire contre l'Iran, d'abord suite à la répression meurtrière des manifestants le mois dernier, puis plus récemment en raison de son programme nucléaire.

Le Wall Street Journal a par ailleurs rapporté que Trump avait été informé de ses options militaires, « toutes conçues pour maximiser les dégâts », y compris une campagne visant à « tuer des dizaines de dirigeants politiques et militaires iraniens, dans le but de renverser le gouvernement », ont déclaré des responsables américains anonymes au journal.

L'Iran et les États-Unis ont tenu mardi à Genève une deuxième série de négociations sous l'égide d'Oman.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait alors déclaré que Téhéran s'était mis d'accord avec Washington sur les « principes directeurs », mais le vice-président américain JD Vance avait affirmé que l'Iran n'avait pas encore reconnu toutes les lignes rouges de Washington.

S'exprimant mercredi, le président iranien Massoud Pezeshkian a insisté : « Nous ne voulons pas la guerre », mais a laissé entendre que Téhéran ne pouvait pas céder aux exigences américaines.

« Depuis mon entrée en fonction, j’ai toujours cru qu’il fallait mettre la guerre de côté. Mais s’ils tentent de nous imposer leur volonté, de nous humilier et d’exiger que nous baissions la tête à tout prix, devons-nous l’accepter ? »

Parallèlement, le secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright, a averti que Washington dissuaderait Téhéran d'acquérir des armes nucléaires « d'une manière ou d'une autre ».

Face à la multiplication des avertissements, la Pologne a ordonné jeudi à tous ses citoyens en Iran de « quitter le pays immédiatement ».

- Démonstrations de puissance militaire -

Les pourparlers menés sous l'égide d'Oman visaient à éviter une éventuelle intervention militaire américaine, tandis que Téhéran exige la levée des sanctions américaines qui paralysent son économie.

Les journaux iraniens font leur une avec l'image du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

L'Iran a insisté pour que les discussions se limitent à la question nucléaire, bien que Washington ait précédemment fait pression pour que le programme de missiles balistiques de Téhéran et son soutien aux groupes armés de la région soient abordés.

Entre-temps, les États-Unis ont renforcé leurs forces militaires près de l'Iran, notamment avec des navires de guerre, des avions de chasse et des avions ravitailleurs, jetant ainsi les bases d'une campagne potentiellement soutenue contre l'Iran – si Trump en donnait l'ordre.

Washington a commandé un deuxième porte-avions pour la région, le premier, l'USS Abraham Lincoln et ses près de 80 avions, se trouvant à environ 700 kilomètres (435 miles) des côtes iraniennes dimanche, selon des images satellites.

L'Iran a cherché à démontrer sa puissance militaire, son Corps des gardiens de la révolution islamique ayant organisé des manœuvres militaires en début de semaine dans le détroit d'Ormuz.

Les responsables politiques iraniens ont menacé à plusieurs reprises de bloquer le détroit, une voie de passage mondiale majeure pour le pétrole et le gaz.

Par ailleurs, les marines iranienne et russe menaient jeudi des exercices conjoints en mer d'Oman et dans le nord de l'océan Indien.